Bienvenue sur le blog de Libami, association Loi 1901, apolitique et aconfessionnelle,
dédiée à la scolarisation des enfants de Nabaa, quartier pauvre de Beyrouth.
Quand je suis arrivé ce mardi matin, 5 juin, au local de « Libami » pour la réunion hebdomadaire du comité social, j’ai trouvé Nadine et Diana, deux des assistantes sociales de l’Association, peu en forme. Et pour cause !
Diana avait décidé d’aller passer la soirée chez Nadine. Elle s’y rendait quand soudain elle fut témoin de l’explosion, à environ 150 mètres de l’endroit où elle était. Comme elle venait de téléphoner à Nadine qu’elle arrivait, vous imaginez la réaction de son amie. Elle se précipita dans la rue, à la recherche de Diana, convaincue qu’elle allait la trouver parmi les blessés, ou peut-être les morts. Spectacle hallucinant : des personnes hurlantes de peur, blessées par les débris de vitre, couvertes de sang. Ne trouvant pas son amie, elle chercha en vain à lui parler car tous les réseaux téléphoniques étaient coupés, comme cela se produit habituellement en cas d’explosion. Finalement ce ne fut que deux heures plus tard qu’elles purent communiquer. Elles ont néanmoins repris le travail lendemain, après une nuit blanche !
Je suis toujours surpris de constater combien les Libanais ont une étonnante capacité de « rebondissement », qui s’explique par leur très grande confiance en Dieu - « Rien ne peut m’arriver en dehors de sa volonté » - et en la Vierge, mais aussi par une volonté farouche de survie : « Le Liban ne mourra jamais ». Comme me disait une religieuse, au sortir de la liturgie mardi matin, sur un ton mi-plaisant mi-résigné : « Tout va très bien au Liban : hier soir un attentat, et ce matin on ouvre l’école comme si de rien n’était ! »
Cette dernière explosion ne fait pourtant qu’augmenter l’inquiétude de la population. Et en même temps on a l’impression que les gens s’habituent à vivre dans la peur et l’incertitude du lendemain. Le plus angoissant, c’est sans doute d’ignorer jusqu’à quand l’on sera victime de ces attaques aveugles qui peuvent frapper n’importe où et n’importe quand.
Au Nord de Tripoli, la situation n’est pas encore réglée. L’armée, qui semble bien contrôler la situation, se heurte depuis plus de deux semaines à une résistance très déterminée et nullement prête à se rendre. Il n’est pas difficile de deviner d’où et par qui une telle quantité d’armes a été introduite dans ce camp de Nahr el-Bared qu’ont délaissé la majorité des Palestiniens qui y avaient trouvé refuge depuis des années…| Novembre 2009 | ||||||||||
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