Chers amis,
Voilà longtemps que je n’ai pas pris contact avec vous. La colonie de juillet s’est très bien passée, et je suis heureux de vous envoyer le rapport rédigé par une assistante sociale.
Il nous reste à espérer que les prochains jours seront calmes, et que les élections pourront se dérouler sans incidents majeurs.
Toute notre équipe vous salue cordialement.Merci de nous donner quelques nouvelles.Bien amicalement.
P. Francis Leduc
Colonie de l’Association « Libami » - juillet 2007
Rapport de l’assistante sociale responsable
Alors que nous avions prévu d’emmener 85 enfants en colonie, fin juin, il n’y avait que 52 inscriptions, car beaucoup de parents, traumatisés par les explosions, survenues les dernières semaines, et la situation politique très inquiétante, n’osaient pas s’éloigner d’eux. Après un bref moment d’hésitation, nous avons décidé de maintenir la colonie, même pour un petit nombre de participants. C’était pour nous une question de principe, et nous tenions à relever le défi, alors que beaucoup de colonies avaient été annulées. Nous avons alors demandé aux familles de s’engager par écrit pour nous confier leurs enfants. Notre détermination a été « contagieuse » : en quelques jours, 89 enfants étaient inscrits. Dès lors, intense activité dans les locaux de l’Association. En tant que responsable de la colonie, j’ai multiplié les rencontres avec les moniteurs : 11 jeunes de nos familles et 7 de la « Croix rouge » libanaise. Chacun a exprimé sa préférence pour le groupe de jeunes (6-7 ans ; 8-10 ans ; 12-14 ans) pour lequel il se sentait le plus à l’aise et le plus compétent. Le 14 juillet au matin, premier départ avec les moniteurs et tout le matériel de cuisine, la machine à laver, le linge de corps et les t-shirts pour les enfants les plus démunis, le matériel de bricolage. Dans l’après midi, 15 moniteurs sont redescendus pour accompagner les trois mamans cuisinières et les 89 enfants jusqu’à Harissa, près de la Vierge du Liban, où nous étions fraternellement accueillis dans le couvent des PP. franciscains. Notre but était d’apporter, au cours de ces deux semaines, une véritable détente pour ces jeunes - confinés durant toute l’année dans leur quartier insalubre de Nabaa, banlieue de Beyrouth -, en leur fournissant un cadre familial et une nourriture abondante et équilibrée (en particulier des fruits, denrée rare dans leurs familles) et trois belles excursions : deux à la mer, la troisième à sainte Rafka et à saint Charbel. Il est difficile de décrire la joie des enfants, et les petits « miracles » dont nous avons été témoins : plusieurs, réputés insupportables, étaient très disciplinés ; un jeune qui n’ouvrait pas la bouche en classe, au point d’avoir été renvoyé, était l’un des plus bavards ; quelques enfants, incontinents durant la nuit, ne souffrirent plus de cet inconvénient ; de radieux sourires apparurent sur des visages le plus souvent taciturnes ! Hélas, tout a une fin. Déjà, la veille du départ, des pleurs apparurent sur les visages. Dans les autocars, en regagnant Nabaa, il était très émouvant de voir la plupart des enfants verser des larmes. Avec la fête de Noël 2006, cette colonie de juillet, réalisée alors que la situation était loin d’être sûre, demeurera l’un des points marquants de notre action sociale à l’Association. Nous en remercions le Seigneur. Logeant à 300 mètres de la Vierge de Harissa, nous l’avons visitée à diverses reprises : faut-il s’étonner qu’elle ait veillé sur nous ?
Diana Aramouny Assistante médico-sociale
